Introduction
À propos de cet épisode
À pieds joints - neurodivergence et inclusion sociale. Un balado créé par deux adultes neurodivergents qui partagent leur vécu avec une touche d’humour et d’autodérision, ainsi que leurs apprentissages pour une société plus inclusive. Des discussions authentiques, des invités inspirants et des sujets qui vous touchent. Ensemble, nous avons créé ce balado pour ouvrir le dialogue, partager nos réalités et rappeler qu'il n'existe pas une seule façon d'être, d'apprendre ou de voir le monde.
Transcript de l'épisode
Salut tout le monde, bienvenue à notre introduction pour notre balado À pieds joints où est-ce qu'on va survoler un peu ce dont on va parler à travers nos différents épisodes: qui on est, pourquoi on part ce balado... Alors je me présente, Jayson Rousseau, j'ai 31 ans, nouvellement autiste. Théoriquement, j'ai pas encore eu mon diagnostic, mais tous les tests sont faits puis j'attends mon résultat. Alors c'est absolument un sujet dont je vais parler, et ma conjointe. Salut, moi c'est Isabelle, je suis TDAH, diagnostiquée depuis quand même un jeune âge, autour de sept ou huit ans. Je n'ai plus spécifiquement le rapport, perdu par mes parents, donc on y va plus à l'instinct pour me décrire et tout ça dans les prochains épisodes. Et clairement, on dit rapport perdu, mais c'est beaucoup de faits vécus. Comme on disait, on n'est pas des professionnels de la santé, aucunement, mais on le vit tous les jours. On va partager notre expérience, puis je pense que beaucoup de gens vont pouvoir se rejoindre à travers un peu tout ce dont on parle. Oui, puis moi je suis quand même dans le domaine, je suis orthopédagogue dans les écoles primaires. Donc avec mes collègues neuropsychologues, les psychologues, etc., on baigne quand même dans la neurodivergence pas mal dans mon travail. Absolument. Fait que là, on se demandait de quoi on parle pour l'introduction? Moi, je voulais parler un peu de pourquoi on voulait se partir un podcast. Premièrement, il y avait énormément de raisons. Les raisons qui sont un peu plus le highlight, c'est de un: moi, j'ai fait beaucoup de recherches pour apprendre à me connaître et de savoir est-ce que j'étais sur le spectre ou quelque chose. Je trouvais qu'il n'y avait rien en français, fait qu'on s'est dit de peut-être commencer un peu de contenu en français pour aider beaucoup de Québécois qui n'ont pas la même chance que moi d'être bilingues. Moi, en tout cas, j'ai remarqué qu'à travers mon cheminement personnel, où est-ce que je commençais à en parler à d'autres personnes, le monde s'en fout. Il y a beaucoup de personnes qui voient ça comme juste du cherche de l'attention et du "à la mode", puis que ça va dormir, ça va disparaître. En gros, nous autres, je comprends que les gens ne comprennent pas ce qui est quoi, mais on va en parler pour normaliser le tout, puis d'outiller peut-être les gens à sortir du placard de la neurodivergence, puis dire "Je suis neurodivergent et je suis fier de l'être", ou "Voici ce dont j'ai besoin pour vivre dans le monde actuel." C'est pas une grosse critique à la société qu'on essaie de faire dans le podcast. Au contraire, on essaie vraiment juste d'en parler puis de dire aux gens que c'est normal. Autant qu'une fille a ses règles puis qu'un gars se masturbe, bien il y a du monde qui sont autistes puis du monde qui sont TDAH. C'est démystifier un petit peu c'est quoi, le normaliser, mais de comprendre aussi à travers. J'ai dit les gars se masturbent, mais les filles aussi. J'avais juste dit les gars, mais les filles aussi, on a tous le droit! Mais c'est vraiment pas de ça qu'on va parler dans ce podcast, je voulais juste donner un exemple. C'est l'imagination magnifique! Et voilà! Merci. En gros, je voulais juste aussi préciser qu'on va aller rejoindre les adultes. Les deux, on est dans la trentaine. C'est pas un podcast où on s'attache à un enfant de 12 ans qui écoute puis dit "Ah ouais, moi aussi je trouve ça dur passer le balai." Les deux, on s'attache vraiment à ce qu'un adulte qui a des enfants, qui a un emploi à temps plein, qui trouve la vie difficile puis qui se demande ce qui se passe avec lui puisse peut-être se rejoindre sur la neurodivergence. Ça fait du sens, c'est exactement mon parcours de vie. Isa a un parcours différent du mien, mais moi, c'est exactement mon parcours de vie. Tout allait bien quand j'étais adolescent, puis quand je suis tombé adulte, j'ai frappé un gros mur. Puis c'est là que les épisodes de burnout arrivent. Puis là, tu comprends pas, tu penses que tu es moins bon que les autres et tu te flagelles beaucoup sur le sujet. On veut démystifier tout ce qui va autour. C'est très intéressant. Fait intéressant: je savais que pour le TDAH, il y a deux fois plus de filles diagnostiquées... Ah non, quatre fois plus de gars diagnostiqués avec l'autisme. Donc on voit que... puis chez l'autisme, et là c'est toutes des statistiques qu'on a prises sur Statistique Canada, c'est pas du wik. Oui, puis devant moi la source, selon les années qu'on regarde, ce n'est pas toujours exactement les mêmes chiffres exacts, mais on a regardé, de mémoire c'était 2023-2024 si je ne me trompe pas. Continue. Puis la grosse différence chez les femmes qu'on voit, c'est qu'elles sont moins diagnostiquées. La communauté est un peu d'accord sur le fait qu'une femme va compenser sur les aspects sociaux. Fait que ce n'est pas que les femmes sont moins autistes, c'est qu'elles le cachent bien. Oui, on a plus une force sociale de base, hein, toi. Puis chez les autistes au Canada, c'est 1.2% de la population entre 1 an et 17 ans, enfants et adolescents. Combien de pourcent? 2 pourcent. Oui, c'est 2 pourcent. C'est beaucoup quand même! C'est juste assez pour dire que tu as une grosse entreprise de 100 personnes, puis tu es le bizarre dans l'entreprise. C'est ça. TDAH, on en a un peu plus: 8% des enfants sont diagnostiqués au Canada avec un TDAH environ. C'est plus que le 95% qu'on s'attendrait parce que "tout le monde a un TDAH"! Oui, peut-être une fois par semaine, j'ai quelqu'un qui me dit dans une conversation "Oh oui, moi c'est sûr que je suis TDAH, ah là là j'ai eu un moment de TDAH." C'est comme ça. Je ne sais pas où me placer quand ça arrive, je suis un peu confus. Je ne veux pas dénigrer ce que la personne vit en ce moment parce que je ne suis pas dans sa tête, mais quelles sont les chances? Qu'à chaque semaine, puis honnêtement ça peut être chaque jour, qu'il y ait quelqu'un d'autre qui se nomme ça puis que ce soit vrai? Je me disais que c'est impossible, c'est trop de monde. C'est 8%, c'est vraiment pas beaucoup. Je suis très d'accord. Moi, quand je suis sorti du placard sur le fait d'être autiste (puis dans ce temps-là j'étais en mode late-identified, fait que je m'identifiais comme tel mais j'avais pas encore mon diagnostic), tout le monde me disait la même chose: "Oui, mais on l'est tous un peu." Ça, je l'ai trouvé drôle parce que je me suis dit que premièrement ce n'est pas vrai. C'est un spectre, mais les personnes autistes font partie du spectre, ce n'est pas un spectre de la population générale. Si maintenant on pouvait dire aux neurotypiques (qui va être le terme pour désigner tout le reste): arrêtez de dire que vous avez un peu d'autisme. Il y a un moyen de le dire autrement. Tu peux le dire: "J'ai de la misère à me concentrer là tout de suite, c'est dur", "Je me sens plus fragile", "J'ai besoin de plus de bulle aujourd'hui." C'est des faits humains, c'est des traits que l'humain a parfois. On est plus sensibles aux sons aujourd'hui, ça arrive. Exactement. Mais toi, tu n'as pas de pause. C'est tout le temps, c'est en tout. Puis ça, ça va être dur à travers le podcast de parler de mon expérience en tant qu'autiste, parce que quand tu rencontres une personne autiste, tu as rencontré UNE personne autiste. Ils sont tous différents, ils ont tous un profil différent, ils ont tous des choses différentes qui font leur particularité. Puis toi, tes "blinds" des fois font que tu inventes des mots qui ressemblent à une langue étrangère, ou je sais pas trop ce que tu veux dire! Qui vont nous mettre un bâton dans les roues. Oui, c'est ça. Personnellement, la facette de l'autisme que j'ai, c'est beaucoup sensoriel. Énormément sensoriel. Moi, la chaleur, les bruits (surtout les bruits forts et soudains)... Après ça, les odeurs en fait, sentir avec mon nez. Si je sens un peu de parfum, ça peut me lancer à terre instantanément, j'ai comme une boule. Puis après ça, j'ai un cerveau extrêmement monotropique. Monotropique, pour ceux qui ne savent pas, c'est quand tu as un intérêt (mono = un)... C'est quand tu as vraiment un champ d'intérêt, une ligne de pensée, et tu rentres dedans. Exact. La meilleure façon dont je peux l'expliquer: oui, je pense en tunnel, puis quand je pense, je saute dans le tunnel. Fait que de changer de tunnel va me prendre énormément d'énergie. Finalement, je suis le contraire d'Isa, où Isa est attirée de tous les côtés puis elle vit bien là-dedans. Ouais, moi je suis plus du type impulsif. Autant dans mes pensées que dans mes actions, quoi qu'avec l'âge j'ai quand même développé des techniques pour prendre le temps de réfléchir à mes actions. Mais oui, je suis plus impulsive, surtout dans mes discussions. Je saute du coq à l'âne beaucoup, j'ai des idées qui rebondissent dans ma tête. Fait que toi, parce que je sais qu'il y a beaucoup plus de différences chez les personnes autistes que chez les personnes TDAH, toi tu es sur quel profil TDAH? Moi, j'ai un profil d'inattention, fait que je suis inattentive. J'ai de la misère à me concentrer longtemps quand quelqu'un me parle. À l'école, c'était très difficile pour moi d'écouter une classe au complet. J'allais repartir dans mes pensées rapidement. Quand j'étais jeune c'était pire, à cause de l'immaturité du cerveau aussi. Ça c'est dur pour moi s'il y a d'autres choses qui se passent dans la pièce en même temps. Quand tu as un souper d'amis et qu'il y a plusieurs conversations, je vais en écouter plein en même temps, j'ai de la misère à me poser dans une seule. Je vais tout écouter, dire un commentaire dans tout, je suis comme partout. Fait que je suis inattentive et impulsive. Je n'ai pas d'hyperactivité, je suis quelqu'un qui est capable de rester assise sur un divan longtemps sans bouger. Puis ça m'impressionne comment tu peux rester assise sur un divan sans bouger pendant vraiment longtemps! Ça me fait vraiment du bien. Dans mon profil d'inattention, c'est quand même satisfaisant pour moi de rester là et d'être juste dans ma tête. Moi, pour parler du souper d'amis, ça ressemble à Isa, mais c'est un peu différent. Moi, j'ai un délai de traitement. Fait que mon délai de traitement fait que s'il y a plusieurs conversations en même temps, mon cerveau va essayer: il va les entendre au complet, mais il va les traiter extrêmement lentement et je ne serai jamais capable de parler. Fait que souvent je suis dans l'auto en revenant, puis dans l'auto je pars des conversations liées aux sujets qu'on a eus, mais je n'ai pas eu le temps de le dire sur le coup parce que quand c'était le temps de parler, tout le monde était rendu sur un autre sujet! Ou souvent tu vas me dire: "Ils ont dit quoi?" Tu étais là, tu étais vraiment dedans, mais tu n'as pas réussi à capter. Je m'approche de ton oreille puis je te fais la traduction, on le résume. Ça arrive assez souvent! On a même longtemps pensé que tu avais un problème de surdité. Avant de savoir que tu étais autiste, je disais: "Je suis sûre que tu es sourd! Fais des tests, tu n'entends jamais rien!" Mais finalement, il entend tout! C'est juste qu'il ne traite pas l'information dans les contextes sociaux. J'ai même fait un test avec des écouteurs que j'ai achetés (un test tierce partie, pas fait par un professionnel), mais ça disait que j'étais en haut de la moyenne. Fait que j'entends plus que la moyenne, mais je comprends moins vite. C'est assez impressionnant! Ça fait le tour un peu. C'est un résumé assez global de nous. Plus tard, on va rentrer dans les différents sujets. On a un chien en passant, fait que si vous l'entendez, c'est le carlin très bouché! Dans nos sujets, on va peut-être rentrer plus en profondeur dans certaines choses qu'on a effleurées aujourd'hui. N'hésitez pas si vous avez des sujets dont vous aimeriez qu'on parle, on va mettre l'adresse courriel dans la description quelque part. Absolument. Et ça sonne comme si on s'enlignait vers une fin, mais moi je voulais quand même parler de pourquoi "À pieds joints"? Je voulais qu'on finisse l'intro avec quelque chose de totalement complet. Pourquoi est-ce qu'on a choisi la phrase "À pieds joints"? Il y a plusieurs raisons. C'est une expression qu'on utilisait et qu'on utilise encore dans des contextes un peu informels, genre "sauter à pieds joints". Mettons à l'épicerie, de se dire: "Es-tu game de sauter à pieds joints ici dans l'épicerie?" Oui, mais c'est quand même gênant! C'était un peu ça... Sauter à pieds joints, c'est être joyeux comme un cœur d'enfant, de se lancer sans trop se poser de questions. Pour nous, c'est une image de garder un cœur d'enfant, même à l'âge adulte. Ce qui est rare quand même. C'est triste que ce soit rare, mais oui, absolument. C'est exactement ça. Quand on entend "À pieds joints", même si on est adulte, on a le droit de sauter à pieds joints. Puis dans le sujet de la neurodivergence, on va certainement sauter à pieds joints là-dedans. Puis on va essayer d'en parler beaucoup. Peut-être qu'un jour on va faire venir des professionnels puis on va pouvoir entrer en plus grand détail sur quelques sujets. On aimerait aussi inviter peut-être des personnes qui ont vécu dans la neurodivergence, soit à travers leurs difficultés ou leurs succès. Parler de tout ça, on est ouverts. Encore une fois, on va avoir le courriel disponible pour que vous nous écriviez pour peut-être se rencontrer. J'avais aussi une autre raison. On le fait à deux. C'est une idée que j'ai remise dans la tête de Jay, puis j'ai dit "let's go le faire". J'ai embarqué avec toi. C'est ton projet principalement, je suis là parce que je t'aime et que j'aime te parler. Mais vous allez voir sur notre logo, c'est nos deux pieds qui sont ensemble avec un cœur. Il y a d'autres détails, mais c'est de dire qu'on est joints tous les deux, on le fait ensemble aussi. C'est comme si nos pieds sont ensemble. C'est magnifique. Oui, c'est comme une petite image cute. C'est adorable. C me convient parfaitement. Moi, je pense que ça fait le tour en peu de mots. Un balado sur la neurodivergence, aucunement d'un profil médical ou professionnel, mais vraiment juste deux personnes qui vivent là-dedans tous les jours, qui essaient de passer à travers, de se donner des trucs et d'en parler. Puis je trouve que ça fait du bien, ça démystifie un peu, ça rend normal toute la donne. On se rebalade une prochaine fois? Yes, salut!